​Il y a quelques temps je parlais de l’importance de déculpabiliser lorsqu’on ne s’était pas comporté comme on aurait voulu avec ​son enfant.

La bienveillance envers son enfant commence par la bienveillance envers soi, par lâcher prise de nos attentes parfois trop élevées envers nous-mêmes.

​Vous allez peut-être penser…Mais je ne peux pas m’empêcher de ressentir ces sentiments de colère, honte, culpabilité!

​Ce sont donc des sentiments bien ancrés en nous et en même temps avec lesquelles nous ne souhaitons pas (plus) nous identifier !

Une minute. Et si cette exigence envers nous-mêmes, cette colère était quelque chose que l’on a apprise, dont on a héritée sans vraiment en avoir pris conscience ni l’avoir voulue ?

Une maman qui voit son enfant pleurer très fort ou se mettre en rage et qui se surprend à le trouver « insupportable » (« Il exagère lààààà !!! ») aurait tout à gagner je pense à se pencher sur sa propre enfance plutôt qu’à réagir: n’a-t-elle pas elle-même été éduquée à refouler ses émotions, sa colère, sa tristesse, son dégoût?

Enfant, lorsqu’elle exprimait un gros chagrin, n’a-t-elle pas entendu des phrases irritées ou moqueuses comme « alala le sac (comprendre la bouche) est ouvert !! » (en tunisien si tu connais : echkara thalate !! ^^) ou « ça y est, ça commence!! » ou simplement un silence qui en dit long ?

A force de rencontrer ce genre de réaction, n’a-t-elle pas fini par refouler ces émotions, voire s’en déconnecter complètement ? Et trouver aujourd’hui « anormal » le fait que son enfant les exprime si fort (alors qu’elle-même les exprime si peu)?

Sauf que les émotions sont des messages qu’envoie notre inconscient vers notre conscient…Si on ne les écoute pas, elles vont tout simplement revenir en plus intense, ou via le corps à travers les maux et les maladies.

Mais l’enfant (toujours vivant) à l’intérieur de nous a tellement besoin d’acceptation, d’amour qu’il est prêt à renoncer à son épanouissement, son développement, pour rester « loyal » à ses parents ou les personnes qui l’ont éduqué. Qui, eux, n’expriment pas ce genre de sentiments. Jamais.

Peut-être alors qu’une des clés pour être réellement à l’écoute de son enfant (et de ses propres émotions) est d’accepter l’idée d’être « déloyal » envers ses parents ​concernant l’accueil et l’expression de certaines émotions taboues.

Se répéter par exemple : « Maman, papa, je t’aime mais je souhaite ressentir, penser, m’exprimer autrement que de la manière dont tu le fais ».

Car on peut trouver des familles ​dans lesquelles on peut aisément exprimer de la colère mais pas de la tristesse et vice et versa. Et on se retrouve à s’imposer inconsciemment les mêmes tabous.

Or pour apprendre à se connaître, connaître son enfant (et lui apprendre à se connaître) on a besoin d’accueillir (et lui apprendre à accueillir) toutes les émotions qui se présentent, ce qui n’empêche pas de faire le tri ensuite - toutes les émotions ne remplissent pas un rôle fonctionnel - et de les exprimer d’une manière constructive / respectueuse de l’autre.

Ce conseil de Françoise Dolto pourra alors prendre tout s​on sens :

« Apprenons à nos enfants à être contents d’eux indépendamment de notre approbation et même quelque fois malgré nos reproches. Qu’ils se sentent libres de penser, de sentir et de juger autrement que nous-mêmes, tout en nous aimant. » Françoise Dolto

Qu’en pensez-vous ?

Laisser un commentaire?