Aujourd’hui j’aimerais partager l’histoire d’une lectrice qui m’a beaucoup touchée et qui fera peut-être écho chez vous.

« Avec mon premier garçon qui a 11 ans maintenant j’ai tellement été choquée de savoir qu’un tel amour existait. Nous avons eu une connexion depuis toujours.

J’avais peut-être aussi besoin de combler un manque de choses que je n’ai pas eues. Du coup bon ça aide il était très sage je ne le punissais jamais, je ne le laissais jamais s’ennuyer ou être frustré ce que je n’aurais pas dû faire et pourtant mon psy me l’avait dit.

À l’arrivée de mon deuxième Loulou tout a basculé. Je ne pouvais plus avec deux enfants être la mère parfaite.

L’impression de ne jamais être à la hauteur on passe du temps avec un on délaisse l’autre. Mon grand a très mal réagi à la naissance de son frère, il le critiquait, a commencé à changer de comportement, répondre, dire des vilains mots.

Bref aujourd’hui je suis perdue avec deux enfants qui ne m’écoutent et ne me respectent pas.

Je tente de parler, mettre des règles mais je n’arrive pas à m’y tenir car comment forcer un enfant qui vous tient bon que non il ne fera pas ceci ou cela. Voilà un bref résumé d’une maman qui ne se sent plus à la hauteur. »

Comment résumer son problème en un mot ou une phrase?

Comment analyser le changement de comportement de ses deux enfants avec elle, sa difficulté à leur poser des limites et son sentiment de ne plus être à la hauteur?

Indice : les réponses se trouvent dans son récit!

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Quelle(s) solution(s) pourrait-elle envisager pour retrouver la connexion avec ses enfants et améliorer leur comportement avec elle?

Je précise avant d'aller plus loin que je ne suis pas du tout psy et ce que mon analyse découle de mes expériences, réflexions et lectures. ^^.

Je crois que cette phrase « je ne me sens plus à la hauteur » résume bien ce que vit cette maman.

Au début de son récit elle commence par évoquer avec émerveillement l’amour et la connexion qu’elle avait avec son fils avant d’accoucher de son deuxième enfant.

Elle ressent le besoin de dire que c’était peut-être par « besoin de combler un manque de choses qu’elle n’a pas eues » et que c’est pour cela qu’elle ne laissait jamais son enfant s’ennuyer ou être frustré.

Cette maman est très lucide sur elle-même. Elle sait au fond qu’elle agit depuis le début non depuis un espace d’abondance, mais depuis un espace de manque.

Manque de quoi? D’amour, d’affection, d’épanouissement, certainement.

Petite, elle ressentait peut-être un grand manque d’affection.

Non que ses parents ne l’aimaient pas, mais peut-être lui exprimaient-ils rarement leur affection ou d’une manière maladroite. Ou simplement pas comme elle aurait aimé.

Peut-être que ses tentatives de différenciation et ses bêtises étaient traitées avec dureté (comme dans beaucoup de familles malheureusement!) alors que c’était dans ces moments-là qu’elle aurait eu le plus besoin d’un accueil bienveillant, d’une écoute empathique et d’un soutien compatissant de la part des adultes qui l’entouraient.

Elle a peut-être alors développé la croyance que « si on me traite ainsi, c’est qu’au fond je ne suis pas aimé.e telle que je suis et ne le serai jamais car je ne le mérite pas. »

Elle a cherché, pour être aimée, à devenir la petite fille parfaite, sage, obéissante. Elle ne s’autorisait plus à être elle-même, une petite fille imparfaite et adorable.

Or ce qui n’a pas été vécu dans l’enfance revient à l’âge adulte comme un fantôme, lors de circonstances qui rappellent émotionnellement ce qui a manqué dans le passé, comme l’explique Moussa Nabati.

Les épreuves qu’elle a vécues enfant, le manque affectif, ont fait qu’elle a développé des valeurs d’amour et de compassion pour ne pas priver ses enfants de ce dont elle a elle-même manqué. C’est plutôt une bonne chose 🙂

Ce qu’elle ne sait peut-être pas, c’est que tant qu’elle n’a pas soigné son enfant intérieur blessé, prisonnier du passé, elle répètera le même schéma avec les personnes qui l’entourent.


C’est-à-dire continuer à donner du temps, de l’amour à chacun de ses enfants tout en ayant toujours l’impression de ne pas en donner assez, que ce ne sera jamais assez. La preuve : son grand « a commencé à changer de comportement, répondre, dire des vilains mots ».

La fameuse croyance développée enfant : « on se comporte mal avec moi, on ne m’aime plus parce que je ne suis pas assez bien, je ne suis pas « à la hauteur » ».

La croyance aussi que si on pose des limites à son enfant, ce sera forcément dans la violence et donc dans le dés-amour.

Je pense de plus en plus que ce qui se passe dans la réalité extérieure est souvent le reflet de ce qui se passe à l’intérieur de nous. C’est un message qu’on a besoin de déchiffrer, de comprendre pour notre propre croissance.

Quand elle dit que ses enfants ne l’écoutent pas, ne la respectent… a-t-elle observé son propre monde intérieur? S’écoute-t-elle? Se respecte-t-elle elle-même? Respecte-t-elle son corps, ses propres besoins? S’aime-t-elle? Se parle-t-elle gentiment?

Pense-t-elle qu’elle est « assez » comme elle est? Qu’elle en fait assez? Qu’il n’y a rien à enlever? Rien à ajouter?

Je pense que ses enfants changeraient sensiblement de comportement avec elle si elle commençait à prendre conscience qu’elle est « assez » comme elle est (répéter le mantra de Marisa Peer « Je suis assez » l’y aiderait) car les enfants sont plus connectés à notre inconscient, notre langage non-verbal qu’à notre conscient et ce qu’on dit.

Si elle répondait à sa voix intérieure « Écoute Fantômas, merci pour ton apparition mais je ne suis plus une petite fille qui a peur de prendre sa place. Je suis à la hauteur car je fais de mon mieux. J’ai toujours fait de mon mieux avec les moyens que j’avais. Et toc! »

C’est une première étape, l’étape la plus cruciale à mon avis pour développer une relation apaisée avec ses enfants…

…Il lui reste maintenant à établir une communication efficace avec eux afin de leur poser des limites saines (et sans violence)

La communication non violente permet de poser des limites à l’autre en exprimant l’impact de son comportement sur moi, c’est-à-dire en exprimant mes besoins non satisfaits.

Comme le dit Isabelle Padovani, formatrice en CNV : « Si je ne me prends pas en compte, n’exprime pas ce qui se passe en moi, je me fais violence et il y aura violence à l’arrivée. »

Quels sont les besoins de l’enfant? Il a un besoin d’attention, mais aussi de repères, de se sentir contenu.

À partir de six ans il a aussi besoin de tester sa capacité d’action, sa capacité à nourrir ses besoins pour ne pas se sentir impuissant.

Il a un besoin de jeu qui peut passer par titiller, se moquer…Il cherche où se trouve la limite de son pouvoir.

Isabelle Padovani explique que pour un enfant il est très important de découvrir qu’il a du pouvoir sur les choses. Mais il est aussi difficile pour lui de découvrir qu’il n’a aucun pouvoir que de découvrir qu’il a tous les pouvoirs.

Il a donc besoin de développer sa confiance dans le fait qu’il a un certain pouvoir d’action qui lui permet de nourrir ses besoins.

Et en même temps il a besoin de repères très clairs qui lui permettent d’évoluer et de se positionner.

C’est donc important de lui montrer quelles sont les limites au delà desquelles nous ne sommes pas confortables : ça va nourrir ce besoin de repères clairs et cette aspiration à pouvoir poser des actions.

La question cruciale est : comment poser des limites sans violence? Car si on pose des actes violents (cris, punition, fessée, menace, etc) ça va peut-être répondre à court terme au besoin de limites de l’enfant mais ça aura aussi des conséquences à long terme : créer des relations de pouvoir avec « le plus fort » vs « le moins fort ».

Avec aussi toutes les conséquences néfastes que ça risque d'avoir sur l’estime de soi et le développement psychique de l’enfant.

On n’est alors pas dans une relation gagnant/gagnant mais dans une relation gagnant/perdant (qui se transformera tôt ou tard en perdant/perdant).

Comment entrer en lien avec l’autre? 

  1. D’abord en écoutant quels sont ses besoins
  2. De l’autre côté en lui disant quels sont les nôtres

C’est important de différencier les besoins/aspirations de l’autre de ses stratégies. Ok, je suis en phase avec ses besoins (d’attention, de repères clair), j’aimerais contribuer à y répondre…Mais suis-je confortable avec sa stratégie (se montrer irrespectueux)?

Si la réponse est NON je vais lui faire le cadeau de le lui dire, une fois que j’ai vérifié avec lui ce qui est en jeu (son besoin d’attention et de repères) :

« Quand tu fais ça c’est pas agréable pour moi, ça me fait mal au coeur, ça me fait triste parce que je t’aime, j’ai vraiment envie de pouvoir t’aider, te soutenir, mais cette stratégie-là ne me convient franchement pas. Et toi, comment tu te sens? »

(---> Je lui donne les moyens de mesurer l’impact de ses actions. C’est l’opposé du système punitions/récompenses.)

« Ensuite on pourrait trouver une autre façon de faire pour que toi tu puisses prendre tes repères, te sentir en sécurité dans la relation avec moi, dans la vie, et qu’en même temps moi de mon côté je me sente confortable avec toi…parce que je n’ai pas de joie quand tu te moques comme ça, je ne sens plus la tendresse entre nous, ça me fait triste dans mon coeur. »

Et vous?

Reconnaissez-vous aussi chez vous des manques liés à votre passé qui tendent à refaire surface dans certaines circonstances et colorer vos interactions avec votre enfant?

Pensez-vous qu’on peut poser des limites à son enfant sans entrer dans un rapport de force?

Avez-vous déjà essayé de pratiquer la communication non violente avec votre enfant?

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